paramoudras du mont-jaizkibel

Le Mont Jaizkibel, entre architecture insolite et histoire unique

L’Architecture et l’histoire extraordinaire du Jaizkibel

Lors de nos longues marches dans les sentiers du Jaizkibel en compagnie de notre guide touristique Charles et de son chien intrépide et joueur, il y a une vérité fulgurante qui a jaillit des falaises qui nous abritait du soleil : l’Art est partout.

Encore faut-il considérer que mère nature est une artiste capricieuse et qui œuvre au gré du temps, au gré du vent. Mais ces œuvres ,au moins, traversent le temps malgré quelques dérèglements climatiques et désagrément de la nature.

Pourtant cette réserve naturelle du Jaizkibel ne m’a pas fait de cadeaux, petite randonneuse que je suis !le jeu en valait la chandelle toute même et lorsque j’ai découvert ces falaises « artistiques », j’ai cessé mes plaidoiries pour assaillir de questions le guide touristique.

 Ces formes, ces ronds, des sphères dirait-on, étaient comme l’œuvre calculé et hasardeux d’un artiste.

Aussi étonnantes que les deux moitiés parfaitement symétriques d’une feuille végétale, j’étais convaincue que la nature offrait aux habitants un décor architecturale unique et intrigant. Le guide m’expliqua l’histoire autour du Mont Jaikibel : le temps et quelques millions d’années   de phénomènes naturelles ont fait cette merveille !

L’histoire du mont Jaizkibel au Pays Basque

Plus qu’un paisible endroit de villégiature ou de vacances, tous pèlerins du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, tous randonneurs, et les voisins d’Hondarribia deviennent irrémédiablement des spectateurs passifs de la nature impressionnante du mont Jaizkibel.
Il est situé dans la province basque-espagnole du Guipuscoa et est d’ailleurs la montagne la plus occidentales des Pyrénées.L’océan a donné le jour à ce mont lorsque la plaque ibérique s’est détachée de la plaque européenne.

 

Jaizkibel ? Un nom particulier pour un site singulier.
Que veut bien dire ce mot ?

 

Situé à la frontière franco-espagnole, et teintée d’une forte culture basque, Jaizkibel signifie « derrière la pierre », sens aussi curieux et mystérieux que l’est le site. Derrière cette belle pierre se cache encore de nombreuses énigmes et a réveillé de longs débats scientifiques et a alimenté la curiosité des paléontologues, spéléologues, et géologues ainsi que nous !

Les marins qui vivent au bord de l’océan contemplent la montagne, et l’océan contemple les randonneurs en marche et qui s’émerveillent sur les hauteurs du Jaizkibel à plus de 543 mètres d’altitude. Il dévoile aux yeux de tous les passants une histoire presque « endormie » de plus de cinquante millions d’années.

Témoin de la préhistoire, on peut voir quelques inscriptions sur les parois qui remonteraient de cette époque. C’est un endroit qui fascine et apaise la vie quotidienne des ermites qui vivent de la nature et de la flore du Jaizkibel. Comme une envie de prolonger cette vie préhistorique, l’ermite vous offre la possibilité de voir ces drôle d’habitats dans l’ombre de la végétation foisonnante et suffisamment commode pour celui qui a décidé radicalement de vivre bien loin des commodités urbaines et de la civilisation trop moderne pour lui.

Nous n’avons pas la prétention de mettre en lumière ce phénomène naturel qui a fait naître ce site géologique mais d’apporter à ceux qui songent venir quelques explications à ces multiples falaises ornées de formes sphériques et cylindriques appelées paramoudras.

Architecture | L’enigme paleonthologique de Jaizkibel:Les paramoudras

Après quelques travaux et recherches scientifiques, les paramoudras, longtemps confondus avec les tafonis de la Corse, deviennent l’atout principale de l’architecture sublime des falaises.

Michel Molia et Carlos Galan ont entrepris des recherches sur ces géoformes; tantôt sphériques et tantôt cylindriques, et nous ont éclairé la lanterne  aux creux  même des cavités et des grottes du mont Jaizkibel.

Michel Molia a fait taire ces confusions au sujet des paramoudras assimilés à des « tafonis » de Corse, qui, selon lui se forment avec l’érosion du vent et de la pluie, alors que ces géoformes sont nées sous des grottes à l’abris des intempéries. Avec l’aide de Carlos Galan, grand connaisseur du Jaizkibel, il s’est avéré que ces sphères étaient des paramoudras.Paramoudras veut dire en gaélique : poire de mer, car dans les pays nordiques il y a des pyriformes, peu de paramoudras ont ses formes globuleuses.

Leur état de conservation est incroyable malgré l’érosion subie au fil du temps. Les paramoudras sont des concrétions qui se sont faites autour des terriers de vers dans les fonds marins, il y a plus de 45 millions d’années. Ces formes sont dues à des « dissolution interkarstique » selon Galan Carlos.Ce spéléologue » connu et reconnu », a émis cette hypothèse selon laquelle l’eau de pluie et les embruns tombées sur les rochers, s’infiltreraient par des micro fissures, ou des canalicules microscopique, et finiraient par détruire le ciment par une érosion qui met en évidences ces « nids d’abeilles »

Voilà quelques éclaircissements qui vous aideront à observer d’un œil avisé les falaises de Jaikibel lors de vos randonnées .Et pour ceux qui s’ intéressent d’un peu plus près à ce mont et d’un point de vue plus scientifique, je vous invite à consulter les ouvrages de Carlos Galan.Et si vous passer dans le coin, on vous fera découvrir la bergerie Leuta dont les chambres et les pièces communes sont ornées de  ces paramoudras de  quoi passer des vacances qui « tourne rond » dans un lieu protégé par une grotte qui embrasse le vide et une  vue imprenable sur l’océan.